Le bilan est fait, le plan est dans votre tête. Reste à le présenter au patient. Un même plan peut repartir signé ou rester dans un tiroir selon la façon dont la consultation est menée : le moment choisi, qui parle, dans quel ordre, et ce que le patient emporte.
Ce guide est un mode opératoire : la consultation de présentation, du rendez-vous à la relance. Pour comprendre pourquoi les patients reportent, voyez plutôt comment faire accepter un plan de traitement. Les sources officielles citées ont été consultées en novembre 2026.
Ce que les textes demandent
La consultation de présentation n’est pas qu’une bonne pratique. Elle répond à des obligations précises :
- Informer en entretien individuel. L’article L. 1111-2 du code de la santé publique prévoit que l’information porte sur les traitements proposés, leur utilité, leur urgence éventuelle, leurs conséquences, les risques fréquents ou graves normalement prévisibles, les autres solutions possibles et les conséquences prévisibles d’un refus. Elle est délivrée au cours d’un entretien individuel. En cas de litige, c’est au praticien de prouver qu’il a informé, par tout moyen.
- Recueillir le consentement. L’article R. 4127-236 du code de déontologie des chirurgiens-dentistes demande de rechercher le consentement dans tous les cas. Si le patient refuse, le praticien respecte ce refus après l’avoir informé de ses conséquences.
- Annoncer le coût. Selon l’article R. 4127-240, le chirurgien-dentiste informe le patient à l’avance du montant de ses honoraires et répond à toute demande d’explication sur le coût d’un traitement.
- Remettre un devis avant une prothèse. D’après la fiche de service-public.gouv.fr sur le remboursement des soins dentaires, le praticien informe préalablement le patient par un devis écrit, qui décrit le traitement et les matériaux, l’origine de fabrication, les honoraires et le montant remboursé, et propose si elle existe une alternative sans reste à charge ou à reste à charge maîtrisé.
Le Conseil d’État en a donné une illustration très concrète dans une décision du 12 février 2020 (n° 425722) : une patiente avait accepté le principe d’une couronne, mais pas le type de couronne posé, sur lequel elle n’avait été ni informée ni consultée. Le Conseil d’État rappelle que même un patient qui s’y connaît doit être informé par un entretien individuel. Le choix entre options se présente, il ne se décide pas seul.
Quand la faire : séance dédiée ou non
La présentation vient après le bilan complet : examen clinique, radios, et les examens complémentaires dont dépend le choix (bilan parodontal, imagerie avant un implant). Présenter un plan avant d’avoir ces éléments, c’est risquer de le modifier ensuite et d’entamer la confiance.
- Plan simple (une carie, un détartrage, une couronne isolée) : il s’explique au fauteuil, dans la foulée de l’examen, patient redressé.
- Plan lourd (plusieurs prothèses, implant, parodontie, plusieurs options) : un rendez-vous dédié. Le patient n’a pas la bouche anesthésiée, il n’est pas pressé de partir, et vous non plus.
- Douleur ou urgence : on soulage d’abord. Le plan d’ensemble attend la séance suivante.
Au moment de fixer ce rendez-vous, proposez au patient de venir accompagné s’il le souhaite. La décision se prend souvent à deux : autant que la deuxième personne entende les explications de vive voix.
Qui la mène : praticien, assistante, coordinatrice
La recommandation de la HAS sur la délivrance de l’information à la personne sur son état de santé (2012) pose un principe simple : chaque professionnel informe sur ce qui relève de son domaine de compétence. En pratique, cela donne deux temps.
- Le praticien présente le constat, les options avec leurs avantages, leurs limites et leurs risques, et sa recommandation. C’est lui qui répond aux questions cliniques.
- L’assistante ou la coordinatrice prend le relais, idéalement dans un bureau au calme : calendrier des séances, devis ligne par ligne, démarches auprès de la mutuelle, prise des rendez-vous. Elle ne revient pas sur le choix thérapeutique. Si une question clinique surgit, elle la note et la transmet au praticien. L’article L. 4393-8 du code de la santé publique le rappelle : l’assistant dentaire exerce sous la responsabilité et le contrôle effectif du chirurgien-dentiste.
Le relais ne fonctionne que si la coordinatrice sait ce qui a été dit. Avant qu’elle reçoive le patient, transmettez-lui trois choses : l’option recommandée, l’option que le patient semble préférer, et ce qui le fait hésiter (le coût, la peur, le temps).
Combien de temps prévoir
La recommandation de la HAS ne chiffre pas cette durée. Elle note seulement que délivrer l’information demande du tact, du temps et de la disponibilité. À titre de repère, à ajuster selon votre cabinet :
- quelques minutes au fauteuil pour un plan simple ;
- un créneau dédié d’une vingtaine de minutes ou plus pour un plan lourd, dont une partie avec le praticien et le reste avec la coordinatrice.
Si vous débordez systématiquement, ce n’est pas forcément qu’il faut plus de temps. C’est souvent que la présentation n’a pas été préparée.
La préparer
Une présentation se prépare en dehors du patient, la veille ou en début de journée :
- Les images utiles : radios, et photos intrabuccales si vous en faites. Choisissez celles que vous montrerez, pas toutes.
- Un schéma dentaire qui situe chaque soin dans la bouche.
- Les soins classés : urgent, nécessaire, confort. Le patient doit voir par où l’on commence.
- Deux ou trois options, pas plus, rangées dans l’ordre où vous les présenterez, avec celle que vous recommandez. Pour une prothèse, l’option 100 % Santé quand elle existe.
- Le devis, édité dans votre logiciel de gestion et relu.
- Une phrase de synthèse : ce que le patient doit retenir s’il ne retient qu’une chose. Par exemple : « Votre molaire est fissurée, il faut la protéger avant qu’elle casse. »
Le déroulé en six temps
L’ordre compte. Le patient doit comprendre le problème avant d’entendre la solution, et la solution avant d’entendre le prix.
- Le constat. Partez de ce qui l’amène (une douleur, une dent qui bouge, une gêne en souriant), puis montrez ce que vous voyez sur la radio ou le schéma. « Voilà votre dent, voilà la fissure. »
- Les objectifs. Dites ce que le traitement cherche à obtenir : garder la dent, supprimer l’infection, remplacer la dent absente pour mâcher des deux côtés. Demandez au patient ce qui compte pour lui : l’aspect, le budget, le nombre de rendez-vous.
- Les options. Pour chacune : ce que c’est, ses avantages, ses limites et ses risques. Ajoutez toujours l’option « ne rien faire pour l’instant » et ses conséquences prévisibles. Terminez par celle que vous recommandez et pourquoi, en une phrase.
- Les étapes et le calendrier. Combien de séances, dans quel ordre, avec quels délais d’attente (cicatrisation, fabrication de la prothèse), et ce qui se passe entre deux (provisoire, précautions). Un traitement découpé en étapes paraît plus faisable. Pour un implant, le guide du plan de traitement implantaire détaille ce point.
- Le coût et le reste à charge. Le montant par option, ce que rembourse l’Assurance Maladie, et ce qui dépend de sa mutuelle. Dites si les soins peuvent être étalés. Pour les formulations, voir comment expliquer le reste à charge et le 100 % Santé.
- Le devis. Remettez-le, expliquez chaque ligne, et conseillez au patient de l’envoyer à sa mutuelle pour connaître sa part exacte. Le devis vient en dernier, jamais en premier : la raison est détaillée dans plan de traitement ou devis, quelle différence.
Avant de conclure, deux questions. « Pouvez-vous me redire avec vos mots ce qu’on va faire ? » permet de repérer ce qui n’a pas été compris, et la HAS recommande justement de s’assurer de la compréhension. « Qu’est-ce qui vous fait hésiter ? » fait sortir le vrai frein, qui n’est pas toujours celui qu’on croit.
Laisser un écrit et du temps
Selon la HAS, l’information est d’abord orale, et un document écrit la complète : le patient le garde, le relit et en parle à qui il veut. Ce document n’a pas à être signé. Le devis prothétique, lui, se signe pour acceptation.
Ce qui fait preuve, c’est le dossier. La HAS recommande d’y noter les informations majeures délivrées, par qui et à quelle date. Une ligne suffit : options présentées, option recommandée, documents remis, décision ou délai demandé.
Côté délai, la HAS ne fixe pas de durée. Elle recommande de délivrer l’information de façon progressive, en plusieurs fois si nécessaire. Pour un plan lourd, ne faites pas signer le devis le jour même : laissez le patient repartir avec ses documents et convenez d’un appel ou d’un rendez-vous pour sa réponse. Un oui obtenu à chaud se transforme souvent en rendez-vous annulé.
Les questions que posent les patients
Elles reviennent presque toujours. Mieux vaut avoir préparé la réponse.
| Question du patient | Ce qui aide à répondre |
|---|---|
| « C’est vraiment urgent ? » | Distinguer ce qui ne peut pas attendre de ce qui peut être planifié. Montrer la priorité sur le schéma. |
| « Et si je ne fais rien ? » | Les conséquences prévisibles, sans dramatiser : ce qui risque d’arriver, et dans quel délai approximatif. |
| « Pourquoi pas une solution moins chère ? » | Reprendre les options côte à côte, avec ce que chacune apporte et ce qu’elle ne fait pas. |
| « Combien il me restera à payer ? » | Le devis, et le conseil de l’envoyer à la mutuelle : c’est elle qui donnera le montant exact. |
| « Ça va faire mal ? Combien de séances ? » | Le calendrier séance par séance, et ce qui est prévu pour le confort (anesthésie, provisoire). |
| « Est-ce que ça va durer ? » | Ce qui dépend du soin et ce qui dépend du patient (hygiène, contrôles). Ne promettre aucune durée chiffrée. |
Après la consultation : le suivi
Un patient qui repart « réfléchir » n’a pas dit non. Il attend souvent la réponse de sa mutuelle, ou veut en parler chez lui. Le suivi lui laisse une porte ouverte sans le presser.
- Une relance, pas trois. Un appel ou un message de la coordinatrice une à deux semaines après, pour demander s’il a des questions ou si sa mutuelle a répondu.
- Sans détail médical dans un SMS ou un e-mail : il peut être lu par d’autres que le patient.
- Une trace au dossier de la relance et de la réponse.
- Sans réponse, on n’insiste pas : on en reparle au prochain contrôle.
Si le patient refuse, notez-le, rappelez une fois les conséquences, et laissez-lui le document. Les habitudes qui entretiennent le lien entre deux rendez-vous sont détaillées dans le guide sur la communication avec le patient au cabinet dentaire.
Les erreurs à éviter
- Présenter un plan lourd en fin de séance de soins, patient allongé, anesthésié, pressé de partir.
- Commencer par le prix, ou tendre le devis avant d’avoir expliqué le plan.
- Une seule option, qui sonne comme un ultimatum, ou cinq, qui noient le patient.
- Choisir le type de prothèse sans le dire, alors que le choix revient au patient informé.
- Le jargon et les codes d’actes à la place de mots simples.
- Faire signer à chaud un plan lourd.
- Relancer trop souvent, ou sur un ton de reproche.
- Ne rien noter au dossier : en cas de litige, la preuve de l’information repose sur le praticien.
Préparer le support avec Minimo
Minimo, notre logiciel pour Mac et Windows, sert à préparer ce support. Vous placez les actes sur un schéma dentaire, vous les classez (urgent, nécessaire, confort) et vous les répartissez en séances. Chaque acte a un texte patient en langage simple, que vous pouvez modifier. Pour présenter deux options, vous dupliquez le plan et vous ajustez la variante. À la fin, Minimo génère un document PDF que le patient emporte. Ce document explique les soins sans indiquer de prix : le devis reste celui de votre logiciel de gestion. Les données restent sur votre poste, chiffrées.
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Essayer gratuitement 14 joursQuestions fréquentes
Faut-il une consultation dédiée pour présenter un plan de traitement dentaire ?
Pas pour un plan simple, qui s’explique au fauteuil en quelques minutes. Pour un plan lourd (plusieurs prothèses, implant, parodontie, plusieurs options), un rendez-vous dédié après le bilan complet laisse le temps d’expliquer et de répondre aux questions, avec un patient assis et disponible.
Qui doit présenter le plan de traitement : le dentiste ou la coordinatrice ?
Le praticien présente le constat, les options, leurs risques et sa recommandation : c’est son domaine de compétence. L’assistante ou la coordinatrice prend ensuite le relais pour le calendrier, le devis, la mutuelle et les questions pratiques, sans revenir sur le choix thérapeutique.
Le patient doit-il signer le plan de traitement ?
Le devis prothétique se signe pour acceptation. Le document d’information, lui, n’a pas à être signé selon la HAS : on note plutôt au dossier les informations majeures données, par qui et à quelle date.
Combien de temps laisser au patient pour réfléchir à son plan de traitement ?
La HAS ne fixe pas de durée. Elle recommande de délivrer l’information de façon progressive, en plusieurs fois si nécessaire. Pour un plan lourd, mieux vaut laisser le patient repartir avec les documents et convenir d’un appel ou d’un rendez-vous pour sa réponse, plutôt que de faire signer le jour même.